Retour sur les bancs de l’école

Lecteurs, préparez vous car dans cet article, je vais vous parler de l’école.

Pour ma part, j’ai quitté les bancs de l’école il y a presque 2 ans.

D’abord, j’ai eu la chance de bien réussir tout au long de mon parcours scolaire et de faire de grandes études – certains diraient le contraire. (1)

Pourtant avant-hier soir, je discutais avec une copine de promo qui me disait que c’était dommage de faire de longues études pour avoir le poste qu’elle occupe aujourd’hui et que ça, personne ne l’avait prévenu. Quant à moi j’étais contente d’avoir eu le parcours que j’ai eu, l’ouverture que cela m’a apportée, les connaissances que j’ai développées. C’est pourquoi j’en remercie mes parents pour m’avoir permis de le faire aussi facilement.

Toutefois ça n’a pas été évident tous les jours. En terminale, il fallait choisir son orientation. Choisir ce qu’on voulait faire de sa vie. Si ma famille s’inquiétait que je ne sache pas, j’étais tout aussi déboussolée – c’est le cas de le dire.

Le problème venait-il de moi ?

De surcroît je me souviens que mon père m’avait dit « fais de grandes études pour pouvoir faire ce que tu aimes dans la vie ». Alors, j’ai fait de grandes études.

Puis je suis arrivée sur le marché du travail, et là, mon père m’a dit « je pense que tu devrais accepter un travail même si tu ne l’aimes pas car plus tu mettras du temps plus j’ai peur que les entreprises ne veulent pas t’embaucher ». Alors, j’ai pris un travail que je n’aime pas.

Le problème venait-il de moi ?

Je me suis remise en question, à ça oui, je me suis sacrément remise en question. J’ai ma part de responsabilité – comme tout à chacun.

Maintenant,

Si je vous dis racine carrée de 25 ?

– 5 !

– Ouais, et alors ? Ça t’a déjà sorti d’une galère ce truc ? Tu t’es déjà dit en sortant d’une soirée : « heureusement qu’on la connaissait cette racine sinon on était dans la merde ?! ». T’es déjà sorti d’un appartement que t’as visité en disant à l’agent immobilier : « Écoutez on l’aime bien mais on l’trouve un peu isocèle quand même… » Attends est-ce que depuis que t’es sorti de l’école t’as déjà réutilisé dans ta vie un compas ! Le compas ! Sortez tous vos compas !! Et en plus les exercices, regarde avec quoi tu commences ta vie, quand t’es môme tu commences ta vie avec des exercices qui s’appellent des problèmes ! Des problèmes, c’est comme ça que tu apprends l’éducation de base ! Le prof il rentre dans la salle : Allez sortez vos cahiers on va commencer les problèmes ! » (2)

Le système éducatif français, un système inégalitaire

L’école pour tous

Il n’y a pas si longtemps, je me suis retrouvée dans un débat animé concernant l’éducation. Je me suis rendue compte que la remise en question du système éducatif français était un sujet sensible si ce n’est un peu tabou. Forcée de constater que notre système se place parmi les moins bons de l’OCDE (3), je vais vous conter une anecdote qui me parait significative.

J’ai eu l’occasion de faire du bénévolat avec l’AFEV (4). Pendant un an, j’ai accompagné un enfant de CM2 en l’aidant une fois par semaine à faire ses devoirs et en lui proposant des activités culturelles. Ce jeune garçon faisait partie d’une fratrie de 5 enfants. Il est né d’un père espagnol et d’une mère marocaine. Cette famille avait déménagé il y a 3 ans pour des raisons professionnels – le père ne trouvait plus de travail et la crise en Espagne se faisait sentir. Ce garçon âgé de 9 ans à l’époque avait intégré l’école en CM1 et avait aussitôt redoublé ce niveau. Je l’aidais à faire ses exercices – ses parents n’étant pas forcément en mesure de le faire.

L’école pour valoriser tous les enfants

Quoiqu’il en soit, ce jeune garçon parlait couramment 3 langues : espagnol, arabe et français. En outre, il était gentil, motivé, intelligent et surtout comme tous les enfants de son âge avait grandement envie de jouer. Néanmoins il avait intégré le système français en cours de route, il ne maîtrisait pas entièrement l’écrit. Par conséquent, dans notre système, il s’est retrouvé en situation d’échec.

C’est ainsi que je me suis rendue compte que le système était profondément injuste. D’ailleurs j’ai découvert des études qui montraient à quel point le système éducatif français aggravait les inégalités sociales. (5) En ce sens, je vous recommande de visionner la vidéo suivante qui vous prendra 2 minutes et 17 secondes et qui est particulièrement percutante.

Le système éducatif français, un système à bout de souffle

Une pédagogie alternative

En ce qui me concerne, j’ai eu la chance de vivre en Auvergne, proche de la nature, de faire du cheval, de la musique, de la danse, de la natation, de partir en vacances, voyager en Guyane, faire du ski, aller à la mer etc. J’ai découvert tant de choses. Effectivement l’école n’est pas la seule école – de la vie.

A cet égard, Adolphe Ferrière, pédagogue suisse et fondateur de la Ligue internationale pour l’éducation nouvelle a dit : « Et sur les indications du diable, on créa l’école. L’enfant aime la nature, on le parqua dans des salles closes. L’enfant aime bouger : on l’obligea à se tenir immobile. Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées […]. Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser. Il voudrait s’enthousiasmer : on inventa les punitions. » (6)

Pour des enfants qui ont changé

En plus de cela, la société a beaucoup évolué et on ne peut pas en dire autant de l’éducation. En effet, Howard Rheingold, spécialiste américain des questions de pédagogie à l’heure du Net et des réseaux sociaux, met l’accent sur des méthodes d’enseignement quasi-identiques depuis mille ans, bien loin des évolutions de l’armement ou de la médecine. Par ailleurs, pour Michel Serres, il est illusoire de vouloir enseigner aujourd’hui comme on le faisait hier : les élèves ne sont plus les mêmes, leurs attentes et leurs besoins non plus. (4)

J’entends certains qui diront que ce n’est pas sérieux et d’autres qui s’indigneront par crainte de l’inconnu. A travers ce blog je ne rejette pas le système actuel et je ne fais pas non plus l’apologie d’un système utopique. L’équation n’est jamais aussi simple et il y a du positif et négatif en chaque chose.

Néanmoins, je vous le demande, quel genre d’éducation voulez-vous pour vos enfants ?

 

Ne nous quittez pas maintenant et allez plutôt faire un tour sur l’article Quand je serai grande je veux être heureuse !*

 

 

Notes

(1) Roland. Olivier (2016). Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études: Comment devenir libre, vivre à fond et réussir en dehors du système. Alisio. 520 pages

(2) Gad Elmaleh – les cours de maths

(3) Le système éducatif français à la croisée des chemins

(4) Afev

(5) Comment le système français aggrave inéluctablement les inégalités scolaires

(6) Ecoles alternatives est-ce vraiment mieux ?

Pour aller plus loin

L’école doit permettre aux enfants de transformer le système, et non de le reproduire.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les codes et attributs HTML suivants : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>