La rentrée scolaire pour te plaire !

Bonjour bonjour, aujourd’hui nous allons chanter pour fêter la rentrée scolaire…

1,2,3 « Qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école ? C’est ce sacré Charlemagne ! Sacré Charlemagne »

Classe de village

Eh oui c’est bel et bien la rentrée ! Ca y est ton enfant a repris le chemin de l’école ?

Oui il est dans la meilleure école, il a un bon prof et apparemment c’est une bonne classe ! »

L’angoisse de la rentrée est enfin passée maintenant place aux résultats…

Dans l’article Retour sur les bancs de l’école, je te relatais mon expérience et opinion sur le système éducatif français actuel.

Or, aujourd’hui, j’ai eu envie de faire un petit tour d’horizon rapide de différents modèles scolaires qui existent.

Des modèles axés sur la performance

Tout d’abord, dans les pays industrialisés il semblerait que la tendance soit à la compétition. Notamment, en Asie, les exigences académiques sont telles que les enfants n’ont pas d’autres choix que de se concentrer sur le rendement scolaire et sur les entrées à l’université. De même, en Amérique du Nord – qu’on connait tous trop bien dans la plupart des médias – c’est un système où les parents économisent toute une vie pour que leurs enfants aillent à l’école ou alors ces derniers doivent miser sur des bourses au mérite. (1)

Dois-je exprimer mon sentiment que la France est touchée par ce besoin de performance ?

A contrario, il existe d’autres écoles…

Les écoles à contre-courant

De la diversité de pédagogie

Tu as peux être entendu parler du modèle scandinave où le jeu est roi durant la petite enfance. En outre, les jeunes commencent l’école seulement à sept ans, et ils ne sont notés que vers l’âge de treize ans. Les journées de classe sont courtes, et les vacances sont nombreuses. Les enseignants préfèrent l’autoévaluation aux examens. Effectivement, pour eux, il est plus important de transmettre aux jeunes la passion d’apprendre plutôt que de les obliger à se conformer à des études strictes qui ont pour seul objectif d’obtenir de bonnes notes.

De nos jours, on entend de plus en plus parler des écoles alternatives. Dans ces conditions, le mouvement Colibris a mis au point un petit lexique des pédagogies différentes allant de la méthode Montessori à l’école à la maison en passant par la slow education. (2)

A la possibilité d’application

J’ai notamment beaucoup entendu parler de Cécile Alvarez. Peut être que toi aussi. Si ce n’est pas le cas je te transmets un lien où tu pourras retrouver une biographie.(3) Toutefois, il s’avère que son expérience s’achève après un an. Son initiative semble être très controversée. Par ailleurs, le club Médiapart partage les limites de son expérimentation et ne ménage pas ses mots :

Céline Alvarez a choisi de renoncer à enseigner au bout de quelques années pour devenir le chantre de ce qu’elle considère comme une vision nouvelle de l’éducation. Heureusement plus nombreux sont les enseignants qui font un tout autre choix, celui de poursuivre leur mission compliquée, parfois hésitante, souvent contrainte par la complexité de la réalité. Ceux-là ne se contentent jamais de l’idéalité des principes et lui préfèrent un travail quotidien porté par la volonté déterminée d’améliorer, au jour le jour, le service public pour qu’il permette une plus grande égalité et une véritable émancipation intellectuelle, culturelle et sociale. » (4)

Lors du dernier débat que j’avais pu avoir sur l’école, j’étais tellement sûre de vouloir mettre mon futur enfant dans une école alternative…

De fil en aiguilles, j’ai rencontré une personne qui regrettait d’avoir éduqué ses enfants différemment car cela les a complètement sorti du système. Je ne fais pas une généralisation. Cela étant, est-ce que c’est ce que je veux pour mon enfant ? Qu’il vive en dehors de la société ? Si tu croyais que c’était de ça que nous parlions dans ce blog, alors je dois refaire un point. Ici, on parle d’alternatives, de solutions pour vivre mieux avec soi, les autres et l’environnement. C’est tout l’enjeu : trouver l’équilibre qui permette de répondre aux trois parties.

De l’éducation à la maison…

Le rôle de parent

Je ne parle pas de faire l’école à la maison.

Je parle de l’éducation des parents sur leurs enfants.

Hier, j’entendais notamment des mamans converser dans le train :

On ne peut pas leur enlever les téléphones ça fait partie de leur génération maintenant par contre il faut surveiller parce que l’autre jour je les voyais se moquer d’une petite sur leur groupe alors qu’elle était dans la conversation !

– C’est que les enfants peuvent être méchants entre eux des fois, ils ne se rendent pas compte de l’impact des mots. »

Instantanément je me suis dit… Si les enfants sont méchants entre eux ne serait ce pas parce que les adultes sont méchants entre eux ?

Lyvia Cairo a écrit « l’ignorance tue » Elle explique comment l’ignorance peut faire haïr son prochain au point de le tuer. Elle prend l’exemple du 11 septembre. Pour elle « c’est la responsabilité de chacun de s’informer, de creuser, de questionner, plutôt que de prendre position pour ou contre sans savoir. Le réflexe de l’homme moderne n’est pas de s’informer. Il est de consommer. Souvent les yeux fermés. »  (5)

Il en va donc de notre rôle individuel de chercher la vérité.

Inculquer les valeurs clés de la société à nos enfants

Dans l’article de Médiapart, on peut également lire que « l’enfant scolarisé à l’école maternelle a déjà construit, au travers de ses relations sociales, une représentation de l’école, du savoir, de l’apprentissage. Et, il n’y a pas besoin d’être un spécialiste de la sociologie, pour constater que cette construction s’inscrit dans une forte dépendance des environnements sociaux, culturels et familiaux et que le « fonctionnement naturel » de l’enfant est déjà largement différencié dès son plus jeune âge. » (4)

Dans l’ensemble, cela peut paraître banal. J’entends même certains qui sont sur la défensive « Tu ne vas pas me dire comment éduquer mes enfants ! »

Pourtant, il en va de notre rôle de parents de proposer une vérité à nos enfants.

Proposer une vérité, qui ne sera pas unique, qui ne sera pas la meilleure. Elle sera juste la vérité qu’ils auront appris.

Que souhaitons-nous apprendre à nos enfants ?

La haine ou l’amour ?

La compétition ou la coopération ?

En ce qui concerne l’école, Lyvia Cairo note justement que « La France est un beau pays, notamment parce qu’on nous apprend la philo et les maths de façon plus avancée que d’autres. Les questionnements, le débat, la révolte font partie de notre culture. » (5)

Pour ma part, j’ai réalisé une autre qualité du système français et je n’ai pas eu à faire de recherche pour ça…

… A une école accessible à tout le monde

S’il y a bien une chose que nous devons redonner au système éducatif français, c’est sa gratuité ! Sa gratuité ? Nous le payons dans les impôts pardi ! Et ceux qui ne paient pas d’impôts ne peuvent pas mettre leurs enfants à l’école ? Heureusement si tous les enfants vont à l’école c’est obligatoire jusqu’à 16 ans !

De sorte que nous pouvons aller à l’école sans avoir à payer le service ! (ou quasiment)

Et ça, ça n’a rien d’anodin ! C’est en soit une très belle démonstration de l’égalité.

La forme est à garder.

Aussi, intégrons les alternatives directement dans les écoles déjà existantes.

C’est déjà en cours…

L’école le point de départ de notre société

Par exemple, Cécile Queudot, jeune enseignante de 24 ans est dans sa 2ème année dans une école publique de campagne. Elle nous raconte son expérience :

Les enfants ont pris de nouveau le chemin de l’école, et loin des directives administratives et des cloches ministérielles sur les débats houleux du rythme scolaire, les « petits » profs accueillent leurs nouveaux élèves.

Pour ma part, c’est dans un petit village de campagne que j’exerce depuis l’année dernière.

Seulement 14 élèves, du CE1 au CM2, un petit groupe dynamique, travaillant sur la base de l’entraide, de la coopération et dans la bonne humeur !

Une semaine après la rentrée, les projets en cours sont déjà multiples : mis en place des conseils de classe, le chant et la musique sous toutes ses formes, un projet mené autour de la forêt avec entre autre des randonnées et des observations « à la racine », la création d’un mini potager en classe afin de cultiver des plantes aromatiques, servant à parfumer les petits plats préparés par notre cantinière, au jour le jour.

Cette classe unique, à multiples niveaux, est un vrai plaisir pour une directrice, et un vrai bonheur pour les élèves ! »

Encourager une pédagogie coopérative pour un monde coopératif

Par conséquent l’expérience de cette jeune enseignante illustre bien que la pédagogie dans les écoles publiques évoluent tout autant que la société.

Par ailleurs, dans cette petite classe, Cécile Queudot a instauré un petit rituel. Ainsi, chaque matin un élève vient tirer un papier dans une boîte. Ensuite, il le lit à la classe, qui réfléchi ensemble ou séparément à une réponse. Cette boîte comprend des énigmes de mathématiques,  des charades, des blagues, des petites écritures, des devinettes et des virelangues. Bref, c’est un rituel original qui permet une mise en route rapide et met les enfants à l’aise en début de journée.

Pour finir, au niveau purement technique, cela nécessite un peu d’organisation puisque pour certaines matières comme l’histoire, la géographie, la science, l’éducation musicale, l’art visuel et l’anglais, l’enseignante utilise le même contenu pour tous les niveaux. Puis elle différencie la complexité des exercices ou du vocabulaire. En ce qui concerne le français et les maths, il y a une petite gymnastique à faire entre les manuels et les fiches à adapter à chacun des niveaux.

Dans sa 2ème année, les résultats sont positifs et les parents quant à eux sont rassurés. Après de bons retours, ils lui font maintenant pleinement confiance.

En fin de compte, il ne s’agit pas de créer systématiquement des classes de tous niveaux mais bien de redonner goût à l’apprentissage et de former les citoyens de demain.

Finalement, je rêve du jour où mon enfant sera dans une école publique et participera à des élections de délégués sans candidat… (6)

Rentrée scolaire

Et toi, quels enfants veux-tu pour demain ? Pardon, quelle société veux-tu pour demain ?

Au fond, dans quel monde veux tu vivre ? Cela t’appartient de le créer dès maintenant chez toi.

Notes

(1) Les différents systèmes d’éducation dans le monde. Canalvie

(2) Petit Lexique des Pédagogies « Différentes ». Colibris-Le Mouvement

(3) Pour une refondation de l’école guidée par les enfants : Céline Alvarez. TEDx

(4) Les vérités de Céline Alvarez. Mediapart

(5) L’ignorance tue. Lyvia Cairo

(6) Election sans candidat. Université du Nous

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2 réponses

  1. Cécile dit :

    Super article ! Très intéressant pour les enseignants qui sont ancrés dans le système éducatif mais qui sont loin d’être au courant de toutes les discussions qu’il peut y avoir autour de l’école! Je n’avais par exemple jamais entendu parler de Céline Alvarez et de son histoire… très intéressant. Merci pour le témoignage 🙂 Je me rend compte que j’ai beaucoup de chance d’être tombée dans cette petite école où j’ai beaucoup de liberté et des gamins hyper géniaux et intéressés !

    • Hélène dit :

      Merci à toi de nous avoir partagé ton témoignage ! Hésite pas à nous faire parvenir toutes tes astuces en la matière on pourra peut être recensé tout ça pour tous les enseignants qui aimeraient s’y aventurer 🙂

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