Plus perma que permaculture !

Perma culture

Aque coucou, de retour de weekend plein les yeux, plein la tête ! Et toi, ça a été ?

Au cas où tu n’ais pas vu circuler l’info, les rencontres nationales de permaculture ont eu lieu toute la semaine dernière à Coucy le Chateau Auffrique. Nous y sommes allés samedi et avant de tout te raconter j’aimerai faire un point avec toi.

Cela fait plusieurs fois que je parle de permaculture. Sais-tu ce que c’est ? Il est possible que tu n’ais jamais entendu ce mot et j’ai très envie que tu le découvres avant de juger que cela n’est pas pour toi.

La permaculture, une présentation

Ma définition

Si tu tapes dans ton moteur de recherche – Lilo très certainement ou ecosia – tu trouveras en tête l’association Terre & Humanisme (si tu ne connais pas je t’invite à jeter un œil sur l’article où tout commença). Tu verras également le Bec Hellouin(1) qui figure pas très loin avec une belle liste de site traitant sur le sujet. Pour l’instant, je te propose la mienne – en attendant de faire un article à part entière.

J’aime définir la permaculture ainsi : c’est s’inspirer de la nature si ce n’est la copier. Dans une forêt, il n’y a pas de déchets, chaque éléments ont leur place, leur utilité, leur fonction. Prends le cas des feuilles mortes qui tombent des arbres. Elles recouvrent le sol.

Crois-tu que la nature a un service de ville qui passe pour les enlever ?

En quelques sortes. Sauf qu’au lieu de les emmener les faire incinérer ou composter des km plus loin, la nature préféra un service local et sur-mesure. Les feuilles en tombant vont recouvrir le sol, l’empêchant ainsi d’être à nu et le protégeant du froid à l’approche de l’hiver. Ses feuilles se décomposeront dans le temps à l’aide de la vie du sol. On parlera alors de l’humus. L’humus c’est cette merveilleuse terre de forêt qui est à la fois riche et légère.

Mon application

Quand on a commencé à pailler notre sol sur les jardins ouvriers, les autres nous ont regardé d’un drôle d’œil :

Vous allez mettre des moutons ?

Eh bien non, nous n’allions pas mettre des moutons. Nous avons choisi de nous inspirer de la nature. En recouvrant notre terre nous pouvions protéger et préserver la vie du sol qui travaille alors à notre place !

La permaculture, un vaste sujet

La permaculture ne se cantonne pas au jardin. Elle englobe également la dimension humaine.

Rencontres nationales de permaculture

Je t’invite à aller jeter un œil à la définition proposée par l’association Brin de Paille qui organise les rencontres nationales.

Maintenant je te propose ce que nous avons vécu plus concrètement pendant cette journée de permaculture.

La permaculture, une organisation alternative

Nous sommes arrivés en fin de matinée sur les lieux. Le cadre était splendide. Abel et moi ne connaissions pas trop ce coin là et avons été instantanément sous le charme. Les rencontres se tenaient autour d’un grand lac. L’accueil fut chaleureux et avons tout de suite apprécié l’ambiance collective à l’oeuvre.

La cuisine autogérée nous a tout de suite amusé même si beaucoup préférait le repas vegan préparé par de grands cuisiniers.

Le temps passait paisiblement quand l’heure de l’agora arriva.

Tous regroupé sous un grand chapiteau, nous attendions les présentations des ateliers de l’après-midi. C’est à ce moment là, que tu comprends que tu es dans une autre forme d’organisation humaine… et tu apprécies ! Après une semaine passée ensemble, la plupart savait déjà ce qui les attendait. Nous le découvrîmes. Pour instaurer le calme et faire cesser le brouhaha général, chacun mis ses mains en chapeau au dessus de la tête. En moins de 10 secondes, tout le monde – adultes et enfants – jouait le jeu. Le silence était là. Si tu as quelqu’un qui est instit’ dans ta famille ou qui organise des réunions/séminaires, demande lui en combien de temps elle arrive à obtenir le calme total de son assemblée.

La vie en communauté

L’agora commença avec les remarques à remonter de vie collective. La bienveillance est le mot d’ordre. Le bon sens collectif en fait partie. Surprenant, chacun pouvait prendre la parole pour remonter devant tout le monde ce qui gène la vie en communauté. Cela va de l’utilisation des toilettes au déplacement des ateliers sur d’autres endroits. Nous même nous le faisons au quotidien…

« au purée il a encore oublié de débarrasser son assiette » – se dit-elle en train de maudire son mari

« j’en suis sûr que c’est Léo* qui a encore laissé traîner ses affaires partout » – dit un collègue à un autre

Et ainsi de suite. Vois-tu la différence ? Alors que nous accumulons de la colère et de la rancœur au quotidien dans ce que font les autres sur l’espace commun, aux rencontres nationales de permaculture on apprenait à dire avec bienveillance les besoins de chacun qui puissent servir à tous…

Sur ce thème, je t’invite à prendre connaissance de l’article De la société à la vie en collectivité

De l’apprentissage

Les remarques terminées, les deux animateurs présentèrent les ateliers proposés pour l’après-midi :

  • construction de rocket stove, de machine à laver à vélo, fendage de buche
  • discussion sur la permaculture
  • conférence de fermes d’avenir
  • ateliers de développement personnel

Et alors que les animateurs finirent la présentation des différents ateliers, ils demandèrent s’ils y avaient d’autres participants qui aimeraient en proposer. Ainsi, plus d’une dizaine d’ateliers différents furent ajoutés : compote, greffage, présentation du prochain MOOC sur la permaculture etc. J’ai oublié les autres et j’en suis désolée je n’ai pas encore l’habitude de prendre des notes de manière journalistique !

Des vacances

Ce qui était génial c’est qu’il y avait également une garde d’enfant proposée de manière bénévole. Je n’ai pas d’enfants mais j’imagine que c’est exactement ce qu’il faut pour les parents voulant profiter des ateliers ! De la bonne intelligence humaine, certains proposant de garder les enfants pendant un atelier pendant que les autres en profitaient et ainsi de suite à tour de rôle.

En plus de ça, le rythme là bas était vraiment tranquille. S’il a fallu attendre un peu pour avoir les délicieux smoothies et crêpes, toute le monde – enfants compris – savaient gérer son impatience si on peut appeler cela comme ça. En fin de compte, chacun avait le sourire et la bonne humeur était indéniablement au RDV ! Certains sont restés en camping la semaine et très honnêtement j’aurai eu très envie de passer mes vacances là bas !

Certains pourraient facilement cataloguer cela d’hippie ou d’anarchiste… C’est plutôt de l’intelligence collective… !

Et des toilettes sèches !

Tu es encore un peu frileux à l’idée d’y aller l’année prochaine ?

C’est à dire que j’ai entendu parler des toilettes sèches et ça me dégoûte vraiment beaucoup…

Pour ceux qui l’ignorent, les toilettes sèches sont des toilettes… sans eau ! Comment ça se passe ? On va aux toilettes, on fait comme on fait d’habitude, et au lieu de tirer la chasse on recouvre notre présent de sciure de bois – généralement.

Burk mais c’est dégoûtant c’est préhistorique en plus ton truc quand je vais aller aux toilettes ça veut dire que je vais voir tout ce que les autres ont fait et bonjour l’odeur !

Sur l’intérêt des toilettes sèches, je reviendrais plus amplement dessus dans un prochain article. Pour l’heure, j’ai juste envie de préciser que de tous les événements où il y avait des toilettes sèches c’était à chaque fois bien plus propre que les toilettes chimiques publics où j’allais juste après comme sur une aire d’autoroute par exemple !

La permaculture, des projets porteurs

Pour finir sur ces rencontres, nous avons visité deux sites fantastiques :

Les jardin de marcus

Dès notre arrivée sur les lieux, nous avons pris une visite en cours : un potager urbain. Comme l’expliquaient les porteurs de projet, ce potager bien qu’en zone rural était en fait construit sur une partie urbaine. En plein cœur du petit village, il se trouvait sur une zone anciennement construite où toute la biodiversité était à recréer.

Si le potager venait d’être démarré, le projet était bien engagé.

L’esthétique était déjà présent avec une jolie entrée, des carrés potagers bien modelé, un hôtel à insecte géant et un petit nichoir. Ce qui allait suivre mérite de s’y pencher :

  • une terrasse aménagée en fond de jardin pour la détente
  • un carré aromatique, et alimentaire pour la pédagogie
  • un aménagement pour la biodiversité avec des nichoirs, mangeoires pour devenir un site LPO(2)
  • une partie donnant sur la voie publique ouverte pour le partage et l’implication des habitants

D’ailleurs lors de cette inauguration, nous avons pu constater les habitants déjà bien impliqué dans le projet. La commune elle même qui donne les autorisations est engagée dans les démarches de zérophyto qui permettent à un tel potager d’être cohérent.

Le projet hermitage

Après avoir retrouvé Linda Bedouet(3) qu’Abel connaissait, nous sommes allés rencontrer les porteurs du projet hermitage(4)… Un projet hors du commun !

A 20 minutes des rencontres, nous sommes allés visiter le site avec ce petit groupe.

30 ha composé de forêt, de beaux bâtiments, d’espace agricole et d’une équipe bien motivée !

Le projet se décompose en 4 pôles :

  • Transition énergétique : pour faire du lieu un démonstrateur « zéro carbone » ;
  • Data et numérique:  pour hacker le lieu et montrer comment l’open source se met au service de l’intérêt général et de nos libertés ;
  • Agro-écologie : pour expérimenter le passage à l’agro-écologie, au bio, au coopératif ;
  • Vivre ensemble : pour accueillir, ressourcer, se former et s’ouvrir aux autres autour de l’inclusion et de la résilience.

Un projet en cours de construction qui promet une belle première en France !

 

Après des rencontres aussi intenses, nous sommes allés nous reposer…

 

A très vite pour la suite.

 

Notes

(1) Le Bec Hellouin

(2) LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux)

(3) Rencontre avec Linda Bedouet

(4) Hermitage

 

 

* Dédicace à mon petit frère, on verra bien qui accuseront papa et maman maintenant que tu vas partir de la maison ! 😉

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les codes et attributs HTML suivants : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>