Daily Nord : Les quatre saisons des jardins ouvriers d’Hazebrouck

Extrait de l’article dans le DailyNord

Les 4 saisons des Jardins Ouvriers d’Hazebrouck par Nicolas Montard

Quand on se balade dans les jardins ouvriers d’Hazebrouck, il faut très vite balayer les clichés. L’image d’Epinal du grand-père, cigarette roulée au bec, plié en deux sur sa bêche, avec sa bouteille de bière ou de gnole à proximité, a vécu. Pas que les « seniors » aient déserté – on compte une bonne moitié de retraités -, mais on y croise finalement une population bien plus variée qu’on ne l’imagine.

Abel et Hélène en sont les parfaits exemples. Nous les rencontrons par un beau dimanche matin d’été. Ils n’ont pas le look des jardiniers. Elle, 23 ans, porte un short en jean et des lunettes de soleil réfléchissantes. Lui, 22 ans, affiche son tee-shirt Chicago Bulls et une casquette noire. Les deux tourtereaux, qui vivent dans un immeuble de l’autre côté de la voie ferrée bordant ce groupe de jardins ouvriers, ont loué leur première parcelle en novembre 2015, avant d’en occuper une seconde en avril. Ils y sont venus presque par hasard, après des discussions avec un ami à propos de la permaculture – qui consiste à laisser pousser naturellement les légumes -. Ce qui n’était pas forcément naturel pour ces deux jeunes gens qui rêvent de Nouvelle-Zélande : élevés à la campagne, ils n’avaient jamais vu leurs parents jardiner. « Du coup, maintenant, nous avons même réalisé des carrés potagers pour nos parents, s’amuse le couple qui délaisse de plus en plus les jeux vidéos ou les loisirs créatifs pour se rendre au jardin. C’est vraiment une activité où on ne voit pas le temps passer. Parfois, l’été, on regarde la montre, il est déjà 22h… »

Des jardins ouvriers revenus à la mode

Ce couple ferait un beau cas d’étude pour Christine Aubry. Cette ingénieure de recherche s’intéresse aux formes d’agriculture urbaines et, à ce titre, au renouvellement de population des jardins ouvriers : « On observe une explosion des jardins familiaux dans la région parisienne, mais aussi en province. La population change : beaucoup de familles avec de jeunes enfants se mettent au jardin. Et vous avez raison, l’image de l’homme âgé tend à passer ».

L’autre combat actuel, c’est le recours au naturel. Longtemps, personne ne s’est soucié des produits phytosanitaires qui se trouvaient dans les chalets. Depuis quelques années, l’arrivée d’une nouvelle génération de jardiniers, plus attirée par le bio et les méthodes naturelles crée des frictions.

Les adeptes de la permaculture, développée par Abel et Hélène, mais aussi par Rudy, qui nourrit sa famille de quatre enfants avec son jardin (lire son portrait d’ici quelques jours), sont ainsi parfois regardés d’un drôle d’oeil. Comme celui d’André, qui vêtu de son tablier, est en train de planter les derniers haricots de la saison au coeur de l’été. Présent depuis 1967, le septuagénaire en a vu passer des écolos : « Les jeunes veulent faire du bio, moi, je pense qu’il ne faut pas laisser pousser l’herbe. Je n’utilise que de la bouillie bordelaise (un fongicide se présentant sous formes de granules bleu turquoise, très répandu dans les jardins). Mais quand il y a du mildiou, il faut traiter.»

Les néo-bio ne sont pas d’accord. Alors, les membres du bureau de l’association essaient d’atténuer les tensions : en rapprochant les jardiniers « naturels » les uns des autres, en placardant des affiches incitant à ne plus utiliser les produits les plus nocifs… Une sorte de querelle des Anciens et des Modernes à la mode jardinière.

Merci à Nicolas Montard !

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http://dailynord.fr/2017/01/les-quatre-saisons-des-jardins-ouvriers-dhazebrouck/

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