De la bonne conscience au bon sens carbone
Bonjour cher alterbongueur, cela fait plus d’une semaine que tu n’as pas entendu de mes nouvelles, et je vois bien que tu es en manque cruel d’Alternatibong ! Eh bien, me revoilà, après une semaine de vacances toute fraîche reposée avec ma conscience carbone toute remuée !

Avec toute la petite famille (Abel, mamie Odette, Mimi le chat et Laska le chien) nous sommes partis à Narbonnes plage !
Pour certains ce n’est pas très loin de leur habitation. Pour nous c’était à l’autre bout – non pas du monde – mais de la France ! Narbonnes dans le sud sud et nous dans le nord nord !
De ton côté, les vacances sont peut-être déjà loin derrière toi et tu attends avec impatience les prochaines… Comment procèdes-tu pour les organiser ?
J’imagine que tu cibles la période le type de tourisme le lieu et les personnes avec qui tu y vas. Le transport choisi dépend des derniers critères ou alors tu n’y penses tout simplement pas.
Pour nous, ça s’est passé ainsi :
J’aimerai te faire découvrir Narbonnes plage, ma grand-mère a un appartement là-bas. Ça te permettrait de voir la région et puis on en profiterait pour prendre ma grand-mère au passage à Orléans comme elle ne peut plus y aller toute seule !
– Ok génial allons-y !
– On y va en Twingo du coup ?
– Et notre empreinte carbone dans tout ça ? » (1)
Voyager près de chez soi ou déménager
En avoir conscience…
Tout d’abord, j’ai fait une simulation. Pour les 2000km effectués avec notre petite voiture essence nous avons émis 0,464 tonnes de CO2. (2)
C’est beaucoup ou pas ? »
Personnellement j’ai dû mal à évaluer. Cependant si on en croit les études, une personne ne devrait pas émettre plus de 2 tonnes de CO2 par an pour empêcher le réchauffement climatique.
Sors donc vite ta calculette !
En somme nous étions 3 êtres humains dans la voiture, nous pouvons diviser le total émis par 3. Ce qui fait 0,155 tonnes de CO2 par personne pour effectuer ces 2000 km. Dans ces conditions, moi, Hélène, j’ai consommé 8% de ce que je suis sensée émettre en un an, pour simplement partir une 1 semaine en vacances – sans parler des trajets que nous avons fait là-bas.
A en juger les petites recherches que j’ai fait, les solutions pour limiter son empreinte carbone en partant en vacances sont relativement minces…
En résumé : voyager près de chez soi ou déménager…
Pour aller dans le bon sens
Honnêtement ?
On ne s’est pas dit « Non c’est mort on ne va pas à Narbonnes c’est à plus de 50 km ! ». On ne s’est pas dit non plus « Allez chéri mets toute la maison dans un carton on déménage à Narbonnes ». Ça aurait été un peu absurde car il aurait fallu tout redéménager en sens inverse une semaine après pour reprendre le travail…
Trêve de plaisanterie. Je ne vous cache pas qu’habiter dans le sud me plairait drôlement et j’y pense d’ailleurs grandement. Surtout que… je ne choisirais surement pas le nord comme destination de vacances ! Le problème serait donc réglé j’habiterais dans le sud et ça serait comme si j’étais tout le temps en vacances…
Pas si sûr j’aurais toujours envie d’aller à la montagne, à la mer, ou même en Auvergne ! Peut-être même à l’étranger, qui sait ?
Eco-conduire et jouer avec les vagues
Que pouvons-nous faire ?
Compenser son empreinte carbone
Avec Abel nous nous sommes demandé comment nous pourrions compenser les gaz à effet de serre que nous avons émis en choisissant de partir.
Nous nous sommes longuement creusés la tête.
Puis j’ai fini par chercher sur le net rapidement et les articles lus m’ont rapidement fait blêmir… Par exemple, planter des arbres pour compenser son empreinte carbone serait une fausse solution et pour certains cela servirait plus à se donner bonne conscience. (3) J’ai même cru voir une sorte de business autour de ça.
Puis finalement c’était là devant nos yeux…
De manière globale
Nous avons effectivement consommé 8% de notre capital maximum que nous sommes supposés émettre. Cela étant, sur la route nous avons choisi d’adopter une éco-conduite afin de réduire notre consommation d’essence. (4) De plus, une fois là-bas nous avons sélectionné des activités peu émettrices telles que la baignade, les jeux sur la plage – Laska a particulièrement adoré jouer avec les vagues ! -, les visites et ainsi de suite. Nous avons également fait une jolie promenade pendant laquelle nous avons ramassé tous les déchets rejetés par la mer. En définitif, ça a été notre manière de compenser en limitant les atteintes d’une autre pollution émise par d’autres.

En fin de compte, imagine que tu as cuisiné un gâteau. Tu choisis d’en donner un gros bout à ton mangeur de copain pour lui faire plaisir (émission émise par le trajet). Par conséquent, tu te laisses une plus petite part pour respecter ton régime drastique pour le bikini sur la plage (les émissions par les activités réalisées).
Dans la réalité, le gâteau que nous partageons est invisible. De ce fait, il en revient de notre responsabilité de prendre conscience de son importance et des choix que nous faisons.
Bien sûr, le plafond de 2 tonnes n’est qu’un exemple et si tu as envie de te laisser séduire par un objectif 0 émission ça peut être une belle aventure à tenter !
En attendant le prochain article, je t’invite à poursuivre ta lecture avec La Fête des Possibles qui a encore lieu jusqu’au 30 septembre !
Notes
(1) Définition. Developpement-durable.gouv
(2) My Climate
(3) Planter des arbres une fausse solution. Consoglobe
(4) Eco-conduite. Compte épargne CO2


Je suis d’accord avec toi et je compatis pour ta petite conscience carbone perturbée.
Pourtant, il y avait une solution toute simple et qui aurait répondu à tous tes critères… le Train !
Le site de réservation nous indique que pour un Lille Narbonne, tu aurais consommé 7,2 kg de Co² (0,0072 tonne) par personne.
Tu aurais mis moins de temps (6 à 7 h de voyage en train) et tu aurais voyagé dans de meilleures conditions de confort que à 3 + 2 dans une Twingo qui n’est pas un véhicule adapté à 900 km d’autoroute ! (et que je suppose vieillissante et donc émettant plus de CO² qu’une petite voiture essence moderne prise en compte dans les calculs que tu as utilisé).
Et une fois arrivé sur place… si nécessaire….. location de vélo électrique, (ou pas, selon l’état de tes mollets). Narbonne est une région à peu près plate, favorable au cyclotourisme.
« Oui mais les bagages… les animaux ne font pas de vélo ! » Solution ? remorque à vélo !
Ou alors au pire location d’une petite voiture sur place. L’idéal serait de trouver des véhicules électriques en location. Je ne sais pas si ça existe déjà ?
Ces problématiques de transport méritent une discussion plus approfondie qu’on lira sans doute bientôt sur le site ! 😉
Effectivement le train aurait permis d’économiser beaucoup les émissions de CO2. Je suis entièrement d’accord avec toi. D’ailleurs c’est ce que je vais faire quand je vais partir à Toussaint (toute seule). Prendre le train et utiliser le vélo ou louer une voiture sur place je trouve que c’est l’idéal. Pour l’électrique je reviendrai largement dessus dans un futur article.
En fait, nous avons déjà fait l’expérience Noël dernier pour partir en Auvergne. Abel, le chat, le chien et moi. Tous les 4 à prendre le train. Au delà de l’aspect financier (où il faut payer presque une place entière pour le chien) cela demande une grande organisation. Depuis Hazebrouck, nous avons eu besoin d’un chauffeur (notre cher ami Eric) pour nous conduire à la gare, dans le premier train les autres passagers ont été sympa et nous ont laissé un coin à 4 pour pouvoir mettre le chien aux pieds (parce qu’il prend pas mal de place ce n’est pas un chihuahua). Ensuite nous avons changé à Paris. Et le 2ème train que nous avons pris été bondé (oui oui il y a plein de gens qui vont en Auvergne !!) nous étions sur des places duo le chien voir sous nos pieds voir dans l’allée sans parler des bagages mis comme on pouvait. Le trajet durait 2h ça va.
Mais jusqu’à Narbonnes ?
En plus de ça, il faut ajouter la complexité de retrouver la grand mère d’Abel en chemin depuis Orléans ça aurait été une petite gymnastique. A cela il faut ajouter que voyager avec 2 bestiaux c’est aussi plein d’affaires en plus : litière, bac de litière, croquettes. Si dans la twingo il a fallu se creuser les méninges pour tout faire passer, je te raconte pas ce que ça aurait donné dans un sac à dos de voyage ou même dans une grande valise à roulette.
Bref on a décidé en fonction de la situation. Facilité aiguë ?
Nous avons fait le choix de voyager avec nos animaux à défaut de pouvoir les faire garder et par refus de les laisser en pension. Cela incombe indubitablement des contraintes que nous avons accepté. Cela étant, nous avons décidé que quand nous serions installé en oasis nous laisserons les animaux paisiblement chez eux gardés pendant que nous prendrions nos vacances en prenant le train ! 😉
Tes arguments sont parfaitement recevables et encore… on ne parle pas de voyager avec des enfants en bas age (donc moins de 16 ans !!)
Cette aventure met en évidence un paradoxe majeur auquel l’alterbongueur doit faire face. Le facteur d’échelle !
Pour bénéficier de tous les avantages de la technologie pour réduire notre impact CO2, la « Société » met (ou va mettre) à disposition du plus grand nombre de multiples solutions : un réseau de train exceptionnel (en France), des bus, des tramways, des Vélib, des parkings de covoiturage etc….
Tu veux découvrir le monde ??? Va prendre le train à la ville !
Pour faire du télétravail il faut avoir une connexion adsl rapide… : « Vis en Ville ! »
Pour acheter un livre, un DVD sans passer par Amazon et sauver le libraire du coin ? – « Vas à la ville ! » ,
Et meme pour trouver les produits les plus frais, les épices, les huiles essentielles de tes meilleures recettes … « Va a la ville ! » Et encore on ne s’interrogera pas sur le parcours de ces denrées qui ont quasiment toutes transité par Paris avant d’arriver dans Ta Ville (cette centralisation extrême est une autre particularité française). Le rayon « poisson » du Carrefour de Brest s’approvisionne en poisson à Rungis (cf Ordralfabétix dans « La Grande Traversée »).
Alors que généralement, la première réaction de l’alterbongueur est de prendre la grande décision « je pars à la campagne ».
Il va falloir que « La société » lui apporte à grand frais pour la collectivité (mais souvent gratuitement pour l’alterbongueur) un réseau d’eau, d’électricité, de traitement des eaux usées, des routes, un service postal, des services administratifs.
Pour rejoindre le premier noeud du réseau de civilisation, l’alterbongueur va devoir utiliser une voiture polluante, parce que les voitures électriques n’ont pas l’autonomie, voir un 4×4 parce que le sentier défoncé qui conduit à sa maison auto-constuite n’est pas carossable.
Pour faire son potager, il va aller à la coopérative la plus proche …. 20 km ? 40 km ?
Pour commander un livre, il va utiliser amazon, pour voir un film, il va le télécharger illégalement, ….
Allez, je pousse le raisonnement au pire du pire… « l’alterbongueur » est largement plus polluant que « le parisien » qui vit sans voiture, achète ses légumes (bio éventuellement) à l’épicerie de quartier etc…., prend des cours de relaxation au club de quartier, participe à des réunions de son association « Les colibris », va à des expositions, au théatre, au concerts… etc…. autant d’activités qui ne sont économiquement viables que parce qu’on est dans un contexte citadin.
Etc… etc.. ce n’est pas dans ce commentaire que je vais reprendre la totalité des thématiques du blog.
Bien évidemment on a tous en tête des exemples réels de personnes qui vivent parfaitement bien à la campagne en faisant une impasse sur plein de choses « futiles » ou « secondaires », et de citadins qui vient avec un gros SUV Diesel pour faire ses courses à l’hyper et ne s’instruisent que grace à TF1.
On connait aussi des gens qui ont fait le tour du monde avec un sac à dos et un budget ridicule, mais aussi d’autres qui ne connaissent du monde que la terrasse du Club Med qu’il ont occupé pendant 15 jours.
On connait des initiatives formidables qui fonctionnent à 100% grace à des financements participatifs… et mille fois plus qui fonctionnent grâce au système bancaire traditionnel.
Mais voila…. on est 70 millions de personnes en France. On fait comment? On crée une aristocratie d’initiés alterbongueurs qui ont droit de vivre et on laisse mourir les autres ?
Et le problème n’est pas nouveau. Déjà en 1848 on pouvait lire : » Il faudrait construire les villes à la campagne, l’air y est plus sain » ! (citation souvent attribuée à tort à Alphonse Allais).
Allez voir « DesClics de conscience », dans les salles à partir du 4 octobre. Ils ont peut etre une partie de la solution.
C’est en agissant à la tête qu’on peut changer les choses.
Mais jamais le TGV ne s’arrêtera devant la ferme des Mions …. même si tu as réservé une place sur « BlaBlaTGV » !