Le Nutri-Score à la loupe
Après de longues semaines d’absence, me voilà à nouveau sur mon clavier. Si tu me suis sur Instagram ou sur Facebook, tu auras pu constater que je n’ai pas chômé ces derniers temps : déménagement (Lille/Clermont), création de potagers urbains, installation d’un bureau temporaire à Clermont, et oui ok quelques jours de repos avec la famille !
Dès maintenant, c’est une nouvelle page qui se tourne pour Alternatibong. Tu pourras suivre au cours des mois qui arrivent la création de mon activité professionnelle indépendante, mon emménagement dans une maison de campagne pour viser l’autonomie, l’activité de maraîchage de mon compagnon à la ferme de Layat, et bien évidemment tous les thèmes qui m’interpellent !
Justement, aujourd’hui, je reviens vers toi avec un sujet qui me paraît super important à aborder… Le Nutri-score !
Le nutri-quoi ? »
Le nutri-score, qu’est ce que c’est ?
Sa définition
C’est un logo facultatif qui renseigne la qualité nutritionnelle des aliments de manière simplifiée. Il est basé sur une échelle de 5 couleurs : du vert foncé au orange foncé associé à des lettres allant de A à E (A étant le meilleur, E le pire).
Il a été conçu par Santé Publique France. Ce logo ne dispense pas des informations nutritionnelles détaillées fixées par la réglementation européenne. (1)
Si le sujet de cet étiquetage nutritionnel n’est pas récent, les campagnes pédagogiques – ou devrais-je dire publicitaire je ne suis pas encore bien certaine – commence à être largement diffusées.
La preuve est que ce spot a fait son apparition à la télévision :
De prime abord, je trouve l’idée intéressante. Le design me fait en fait penser à celui des étiquettes énergies qui nous informe de la consommation énergétique de l’électroménager que nous achetons. On retrouve également ce système de notation pour les logements.
Une grande première, un système d’information qui semble un peu « uniformisé » pour éviter de s’y perdre.
Son histoire
En fait, il a fallu plusieurs années pour en arriver là.
Dès mars 2015, une concertation a été conduite avec des industriels, des distributeurs, des consommateurs, des autorités sanitaires et des scientifiques pour définir les modalités de mise en place de cet étiquetage. (2)
Des expérimentations confrontant le NutriScore et 3 autres logos se sont déroulées en magasin et en laboratoire dans des conditions réelles. Les résultats ont montré que le NutriScore est le logo le plus efficace pour améliorer la qualité nutritionnelle des achats. (2)
Vois par toi même les différents logos qui étaient comparés :
Deux ans plus tard, en mars 2017, le ministère de la santé a présenté l’intérêt et l’efficacité du logo NutriScore. (2)
Il faudra encore attendre avril 2018, pour que cet étiquetage arrive sur les emballages des produits de nos supermarchés.
Mais au fait comment est-il attribué ?
Son champ d’action
Les produits concernés sont tous les aliments transformés – excepté les herbes aromatiques, thés, cafés, levures… – et toutes les boissons – excepté les boissons alcoolisées.
L’attribution de la note au nutri-score repose sur une formule mathématique mise au point par le Professeur Serge Hercberg et son équipe. (3)
Le score prend en compte pour 100 grammes de produit, la teneur :
- en nutriments et aliments à favoriser (fibres, protéines, fruits et légumes) ;
- et en nutriments à limiter (énergie, acides gras saturés, sucres, sel). (4)
C’est une question de seuil et de pourcentage finalement.
Dietintox propose une vidéo synthétique que je t’invite à visionner si le nutri-score reste encore un peu flou pour toi :
Maintenant que tu es bien renseigné sur le nutri-score, allons voir plus loin… Pourquoi a-t-il était mis en place en fin de compte ?
Le nutri-score, pour quoi faire ?
L’objectif du Nutri-score est de rendre lisible et compréhensible l’étiquetage nutritionnel des produits alimentaires. Le dispositif vise ainsi à aider les Français à mieux manger, pour lutter notamment contre le phénomène d’obésité qui touche aujourd’hui 17% de la population. (4)
Oui en effet, nous ne sommes pas tous diététiciens pour savoir lire les étiquettes au dos de nos produits. En plus, les cours de primaires de SVT commencent à dater… Que disaient-ils déjà ? Si toi aussi tu ne t’en rappelles plus, je te propose une piqûre de rappel sur Maxicours.
Si on regarde la pyramide alimentaire, il semble si simple de bien s’alimenter…
Malheureusement… après tous les scandales alimentaires des dernières années, avec tous les documentaires que j’ai pu regarder, c’est devenu un calvaire de bien s’alimenter ! Devons-nous vraiment consommer des produits laitiers ? Est-ce que la viande rouge dois-être autant mangée ? Comment manger sans gluten alors qu’il y en a presque partout…? Les aliments perdraient de leur qualité nutritive une fois cuite, mais peut-on tout manger cru ? Et le goût dans tout ça ? Et la simplicité ?! Si je dois consulter une diététicienne pour chaque repas que je cuisine comment faire…
Heureusement le nutri-score est arrivé…
Le nutri-score, un étiquetage qui comporte ses limites
Naturacoach souligne des limites importantes au Nutri-score, tu peux les retrouver dans sa vidéo :
Entre autres limites, on trouve :
- Les industriels pourront jouer avec les limites des seuils du calcul. Par exemple : passer de 20,1g de sucre à 19,8g pour augmenter son score sans pour autant devenir un produit sain.
- Les industriels ont une connaissance des consommateurs 1000 fois supérieurs à n’importe quel organisme de santé publique. Même si le nutri-score devenait obligatoire les industriels s’en sortiraient en jouant sur tous les autres paramètres du marketing. Par exemple : si le produit avait un score E en rouge (note la pire), ils pourraient très bien jouer sur le packaging pour noyer l’information.
- Un des facteur de l’obésité est l’explosion de la consommation des plats transformés et le nutri-score ne changera rien car ces plats préparés sont beaucoup trop riches en sucre et graisse, ils sont réalisés pour nous procurer un maximum de satisfaction sans pour autant nous apporter suffisamment de satiété !
La révolution des plats transformés…
Dans notre course effrénée de la vie, l’industrie agro-alimentaire a su s’adapter – nous modeler à son avantage ? – en développant des plats cuisinés tout prêt à consommer.
Fantastique, le soir en rentrant épuisé à la maison il me suffit d’ouvrir mon bocal, conserve, barquette plastique de le passer au micro-onde et le tour est mangé ! Loin des moyens de conservations de l’époque, c’est à coup de conservateurs, sucre, graisse saturé, exhausteur de goût et autres procédés chimiques que les industriels nous font consommer ces cochonneries…
Je me souviens il y a quelques années des collègues le midi qui n’achetaient que ça :
Untel : Tu n’en as pas marre de consommer que ces plats préparés ?
Deuxtel : Si c’est même pas bon en plus mais j’ai la flemme de me préparer quelque chose !
Untel (prenant l’emballage du plat et énonçant les ingrédients) : il y a quoi là-dedans ?
Troistel (mangeant elle même un plat préparé) : Vaut mieux pas regarder ce qu’il y a là-dedans sinon ça fait peur ! »
A ce moment là, je me suis réprimée de dire « Il vaut mieux pas les consommer du tout oui ! »
Cela m’arrive à moi aussi de consommer quelques plats préparés je l’avoue. La ratatouille ou couscous du jardin bio. Et pourtant je sais à quel point il est facile de faire de la ratatouille (en fonction de saisons !)…
Si le nutri-score est là pour classer des plats préparés, n’est-il pas une hérésie puisque la plupart de ces produits sont mauvais pour notre santé ?
Mais alors comment faire pour manger sainement ????!
Je parlais du sens que nous apportons lorsque nous mangeons dans mes articles bien manger pour mieux vivre et bien vivre pour mieux manger.
En fin de compte, je pense qu’on se prend de plus en plus la tête pour manger à tel point que maintenant le simple fait de manger nous fait parfois devenir paranoïaque… « Dans combien de temps vais-je chopper le cancer en mangeant le plat de ma grande tante qui ne prend pas bio – même si je sais qu’elle a mis beaucoup d’amour dedans ? »
Beaucoup ne croit même pas au vertu du bio et faut dire qu’on peut pas leur en vouloir tant les industriels ont su surfer sur la vague du bio pour obtenir des jolies parts de marché…
Je serai incapable de te dire quelle est la bonne solution ici. Parce que oui il y a quelques temps on me disait encore « mais même le maraîcher que tu connais bien ou même dans ton potager tu n’es pas à l’abri de toutes les contaminations extérieures ! » Et c’est vrai… Doit-on arrêter de manger pour autant ?
Je pense que nous devons resimplifier notre rapport à la nourriture :
- c’est un besoin que nous avons pour nous apporter de l’énergie. Commençons par manger la quantité qu’il faut – et pas trop !
- c’est un plaisir alors arrêtons de tout analyser et faisons ce qu’il nous plait de temps à autres !
Il existe également des applications comme Yuka pour t’accompagner lors de tes achats.
En ce qui me concerne, je vais me renseigner sur l’alimentation ayurvédique pour essayer de trouver l’alimentation qui me correspond et je reviens vers toi prochainement 🙂
Références :
Santé publique France est l’agence nationale de santé publique. Etablissement public administratif sous tutelle du ministère chargé de la Santé, l’agence a été créée par le décret n° 2016-523 du 27 avril 2016 et fait partie de la loi de modernisation du système de santé (loi n°2016-41 du 26 janvier 2016).
(2) INRA
(3) Serge Hercberg, père du logo antimalbouffe
Pour aller plus retrouve sa conférence ici : Conférence Serge Hercberg
(4) Scanup







Je suis très perplexe sur ce nouveau système d’étiquettage.
Facultatif pour l’instant, comme tu le soulignes, les industriels auront bientôt apprivoisé cette nouvelle norme pour optimiser leur produit à raison de quelques milligrammes de protéines en plus, de lipides ou de sucre en moins pour basculer de B à A. Il n’y a qu’à se référer à ce qu’ont fait les constructeurs automobiles pour réduire la fiscalité des voitures (les chevaux fiscaux) et le taux d’émission de CO².
En plus on nous prend un peu pour des imbéciles en réduisant tout le profil d’un plat préparé à une seule note. Comme cette note est issue d’un calcul et coefficients de pondération, elle ne peut en aucun cas être le reflet de la qualité du produit.
De plus elle ne prend pas en compte l’origine des protéines, glucides, vitamines etc…. Quid de l’utilisation d’huile de palme, de céréales OGM, d’additifs, d’édulcorants etc….
Je dirai donc « A suivre » avec grande précaution et je vais continuer à lire le détail des étiquettes en entier, et à utiliser les applications basées sur la base de donnée officielle « open food facts« , telles que « Yuka », « Kwalito » et « Nutriflash ».
Et également « Additifs Alimentaires » pour distinguer les additifs naturels, de synthèse, inoffensifs ou toxiques (parce que non le E330 n’est pas toxique :D)
Et une autre réflexion…. Quand je prépare avec amour ma quiche lorraine, une ratatouille, ou un roti de porc à la moutarde avec pommes de terre réalisés avec les produits de la ferme achetés chez mon paysan préféré…. Que je sache, je vais utiliser une quantité variable de protéines animales, de fibres, de sel, de graisses animales ou végétales, et de glucides…. C’est quoi la note Nutriscore de ce plat fait maison ?
Et comme c’est super bon, je vais en manger une plus grande quantité que leur mauvais équivalent industriel… alors ne-vais-je pas exploser et consommer un plat qui aurait un nutriscore E ?
La meilleure alimentation c’est celle qui correspond à ses envies et au plaisir qu’on en retire.
Merci Yves pour ton commentaire. C’est effectivement mes craintes. A ce jour les géants de l’agro-alimentaire arrivent à reprendre toutes les initiatives, démarches, changements préférables et les remanier à leur image (le bio, le local, l’anti-gaspillage…). Le marketing est tellement fortiche ! Et finalement le nutriscore risque de devenir un outil de plus qu’ils arrivent à maîtriser à leur avantage. Je reste donc prudente et invite les consom’acteurs à agir avec leurs achats 🙂
Hello…
Mon opération Bikini de cette année se dirige un fois de plus tout droit vers un échec malgré mes efforts (Course / Vélo / ect…)
Je pense surveiller mon alimentation et le nutriscore me parait une bonne chose,
A voir si la diffusion du message se fait autant sur le packaging des produits que sur les sites de E-commerce,
Bye
Hello José,
Merci pour ton commentaire et ton inscription à la newsletter 😉
Le problème avec l’opération Bikini c’est que ça ne s’inscrit pas dans une habitude et tout ce qui n’est pas une habitude devient rapidement une vieille promesse.
Pour ce qui est du nutriscore je t’invite à rester quand même vigilent car la notation reste subjective. Ces histoires de seuil et pourcentage peuvent faire passer un produit d’une note C à A sans forcément être vraiment bénéfique et vice versa.
Cela étant je pense que les produits qui auront le nutriscore sur le packaging l’auront aussi sur le site e-commerce puisque ce sont les photos du packaging. A ce jour je n’ai vu qu’un emballage de jambon portant cette étiquetage.